Rapports quotidiens

12 Juin 2009

Viol dans un camp d’entraînement

Par Rachel Irwin

Un ex-soldat de l’Union des patriotes congolais (UPC) a indiqué aujourd’hui à la Cour que les filles recrutées par la milice de Thomas Lubanga étaient violées par les instructeurs et les gardes.

À la barre pour le troisième jour consécutif, le témoin est l’une des nombreuses personnes à avoir témoigné des violences sexuelles commises au sein des camps d’entraînement de la milice.

« Les instructeurs et les gardes du centre [d’entraînement] ont profité de la situation », a déclaré le témoin au juge Elizabeth Odio Benito, après qu’elle lui ait demandé d’expliquer le rôle des recrues féminines. « Ces filles étaient utilisées pour toutes les tâches ».

Le témoin a précisé que cela incluait aussi bien les tâches domestiques que les services sexuels.

Lorsque le procureur Manoj Sachdeva lui a ensuite demandé l’âge des filles, le témoin a répondu qu’il « ne pouvait déterminer l’âge en se basant sur leur apparence ».

Il a toutefois répété que les viols avaient lieu dans le centre d’entraînement de Mandro, situé à 25 km environ de la ville de Bunia, en Ituri.

« J’ai clairement indiqué qu’il s’agissait de viols, c’est à dire de rapports sexuels imposés à une personne non consentante ou dont le consentement est obtenu par la force », a expliqué le témoin. « C’est ma définition du viol ».

« Savez-vous si le commandant et les autres officiers supérieurs du centre étaient au courant de ce qui se passait ? », a demandé Sachdeva.

« Comment ne pouvaient-ils pas se rendre compte de ce qui se passait », a rétorqué le témoin, expliquant que les officiers supérieurs étaient souvent les auteurs de ces viols.

Le procès reprendra mardi 16 juin.

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